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Tout est calme dans les hauteurs

Les hauteurs ? Celles des Alpes bien sûr, que Thomas Bernhard ne cesse d’évoquer dans son œuvre.

Perchés là-haut dans une superbe villa, l’écrivain Moritz Meister et sa femme reçoivent une jeune étudiante doctorante, un journaliste et un éditeur. Et le mépris que l’écrivain connu (et enfin reconnu) et sa femme portent sur leurs semblables atteint, lui aussi, des sommets ! Contents d’eux, snobs et suffisants jusqu’à la nausée, ils assènent leurs opinions étriquées à leurs invités, laissant affleurer, presque discrètement, leur nazisme et leur antisémitisme banal.

 

Texte Thomas Bernhard
Mise en scène Jean-François Sivadier

Théâtre du Rond-point

2 bis, avenue Franklin-Roosevelt
75008 Paris
Salle Renaud-Barrault

18.06.2026 > 04.07.2026
Durée : 1 h 50

Drame tout autant que comédie, on rit beaucoup devant tant de bassesse et la pièce est portée par des acteurs éblouissants !

©Jean-Louis Fernandez
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Avis contrastés

Une parodie sérieuse et caustique de ceux qui pensent être les meilleurs, détenir LE SAVOIR ou plutôt TOUS LES SAVOIRS sur TOUT. Nora Kief et Nicolas Bouchaud habitent parfaitement, par leur diction et leur gestuelle exacerbées et pléthoriques à la manière des « Guignols de l’info », Anne et Moritz Meister, couple bourgeois replié sur lui-même dans une maison cossue des Préalpes bavaroises confisquée par les nazis à un négociant juif. Moritz n’a cure de rien, se moque du passé du lieu où il vit, de ce qui se passe au dehors, de sa servante, de son épouse. Cette dernière s’ennuie à mourir malgré son « don » pour le piano et sa « culture musicale » ; mais elle se doit d’admirer intensément son « génial » époux ! Ce dernier a invité dans leur remarquable demeure sa thésarde (Juliette Bialek), qu‘il drague et met sous sa botte ainsi qu’un journaliste.

Le seul but de Moritz Meister : diffuser ses pensées qui sont vraies et uniques ! Jeu fort, parfois caricatural peut-être mais qui percute à la manière de Brecht pour faire prendre conscience. Pièce très actuelle ; elle ne vous fait pas penser à certains présidents contemporains ? Choisir un seul journaliste pour diffuser les informations triées par d’aucuns ?

Œuvre éminemment politique et engagée où tous ces mécanismes infiltrants sont parfaitement et assez finement décrits par Thomas Bernhard et mis en valeur par Jean-François Sivadier, le metteur en scène avec de belles trouvailles comme le rideau qui se décroche pour montrer la précarité des choses. À nous de réagir, il est grand temps !

Sylvie

Belle déception que ce « tout est calme dans les hauteurs » : un écrivain qui a terminé une grande œuvre, son épouse qui a sacrifié une carrière pour se dévouer à son génial mari, une étudiante, doctorante s’il vous plait, admirative venue les visiter pour recueillir les paroles du Maitre dans leur habitation située sur les hauteurs, loin du tumulte et des vicissitudes du monde.

Le couple nous déverse leur contentement de soi, leur suffisance avec moult ressassements et des comiques de répétions qui épuisent et agacent à la longue. Pas de clim en plus !

Ça veut choquer avec des propos antisémites et des remarques condescendantes sur les gens simples.

Les acteurs, excellents par ailleurs, en rajoutent en mimiques et contorsions pour montrer l’outrance de ce gens-là. Mais malgré eux : c’est bavard et sans relief.

Quelle idée de monter ce texte sur le mode boulevardier, à vouloir faire rire on oublie l’essentiel : nous rendre terrifiant, le terrible glissement « des élites pensantes » et leurs admirateurs vers une fascination et une soumission devant un discours extrême et décomplexé.

Ghani

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