Depuis son arrivée dans un établissement séparé de la ville, derrière une épaisse forêt, Claire Lagrange passe ses journées à peindre à la gouache pour enfant lentement, machinalement. Elle était pourtant bavarde et agitée à son arrivée, elle avait même un projet de thèse.
Aujourd’hui, plus un mot. Elle semble dépossédée d’elle-même.
Jean et Silvia, deux autres pensionnaires l’observent, tentent de la déchiffrer tandis que Madame court d’une pièce à l’autre, débordée par les chiffres, les plannings et une fissure qui s’agrandit.
De l’autre côté de la forêt, la mère de Claire, Madame Lagrange, est perdue. Comment un tel événement a-t-il pu arriver à sa fille ?
La comédienne joue un seul en scène Mêlant théâtre d’objets avec des Playmobils et poésie, Céline Delbecq nous fait ressentir les fissures du monde.
Texte publié aux Éditions Lansman
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Dans cette pièce, je voulais mettre au centre de la scène une jeune femme ordinaire qui, soudain, vacille. Je voulais m’étonner de quelque chose qui ne nous étonne plus : l’état fantomatique dans lequel peuvent demeurer celles et ceux qui ont basculé. Les médicaments sont parfois nécessaires pour traverser la crise. Mais une fois la tempête passée, que faisons-nous de ces corps silencieux, silenciés, sans élan ? Claire Lagrange est un personnage fictif. Elle n’existe pas. Mais il existe des milliers de Claire Lagrange autour de nous. Que raconte ce silence ? De son histoire — et de notre monde ?
Céline Delbecq
Coup de cœur Télérama TTT
Spectacle nominé au prix Prix Václav Havel 2026

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